$ carnet-linux
PHASE 1 · MODULE 00

Linux & son installation

D'où vient Linux, ce qu'est vraiment une « distribution », comment fonctionne une machine virtuelle, ce qui se passe sur le disque quand on installe un système… et comment installer Ubuntu 24.04 proprement dans VirtualBox.

⏱️ Lecture ~45 min 🧪 Pratique ~1 h 🎚️ Niveau débutant
Tux

🎯 Ce que tu sauras à la fin

🏛️

L'histoire

Expliquer d'où vient Linux et pourquoi on dit parfois « GNU/Linux ».

🧩

Les distributions

Situer Ubuntu parmi les grandes familles et comprendre les versions LTS.

📦

La virtualisation

Savoir ce que fait VirtualBox et bien régler une machine virtuelle.

💽

Le disque

Comprendre partitions, UEFI, GPT, ext4, swap et le démarrage.

Qu'est-ce qu'un système d'exploitation ?

Un ordinateur, c'est d'abord du matériel : un processeur, de la mémoire, un disque, une carte réseau. Aucun programme ne parle directement à ce matériel. Entre les deux, il y a le système d'exploitation (OS, Operating System), qui joue le rôle de chef d'orchestre :

Le cœur de l'OS s'appelle le noyau (kernel). Linux, au sens strict, c'est uniquement ce noyau. Autour de lui, on trouve les outils qui permettent de l'utiliser : le shell, les commandes, les bibliothèques, puis les applications.

Applications Firefox, LibreOffice, VS Code, tes propres scripts… Shell & outils GNU bash, ls, cp, grep, la bibliothèque C (glibc)… Noyau Linux processus, mémoire, systèmes de fichiers, pilotes, réseau Matériel CPU, RAM, disque, carte réseau, écran Espace utilisateur ↕ appels système Espace noyau tous les droits
Les couches d'un système Linux. Les programmes ne touchent jamais le matériel : ils demandent au noyau via des « appels système ».
À retenir

Linux = le noyau. Ce que tu as installé (Ubuntu) est une distribution : le noyau Linux plus des milliers d'outils et d'applications assemblés et testés ensemble.

De Unix à Linux : une histoire en trois actes

Commence par la version courte en vidéo, puis plonge dans les détails.

▶ Vidéo · 1 min 28De Unix à Linuxtoute l'histoire en 90 secondes
Animation réalisée pour ce carnet. Voix off et musique générées par IA (Google Gemini et Lyria).
Ken Thompson et Dennis Ritchie en 1973
Ken Thompson & Dennis Ritchie
Créateurs d'Unix (1969) et du langage C, aux laboratoires Bell d'AT&T.
Richard Stallman
Richard Stallman
Lance le projet GNU (1983) et la Free Software Foundation. Auteur de la licence GPL.
Linus Torvalds
Linus Torvalds
Étudiant finlandais qui écrit le noyau Linux en 1991. Il crée aussi Git en 2005.

Acte 1 — Unix, l'ancêtre (1969)

À la fin des années 60, Ken Thompson et Dennis Ritchie écrivent Unix aux laboratoires Bell. En 1973, ils le réécrivent dans un langage qu'ils viennent d'inventer, le C. C'est une révolution : un système écrit en C peut être porté sur d'autres machines. Unix se répand dans les universités et les entreprises, mais il appartient à AT&T et sa licence devient de plus en plus chère et restrictive.

Unix apporte des idées qu'on retrouve encore aujourd'hui dans Linux, et que tu vas pratiquer tout au long de ce carnet :

Acte 2 — GNU et le logiciel libre (1983)

Richard Stallman, chercheur au MIT, veut un système libre : que chacun puisse utiliser, étudier, modifier et redistribuer. En 1983, il annonce le projet GNU (acronyme récursif : GNU's Not Unix), un clone complet d'Unix. En quelques années, GNU produit l'essentiel : le compilateur gcc, l'éditeur Emacs, le shell bash, les commandes de base (ls, cp, grep…). Il ne manque qu'une pièce, la plus difficile : le noyau.

Acte 3 — Linux, « juste un hobby » (1991)

En 1991, Linus Torvalds, 21 ans, étudiant à Helsinki, écrit un petit noyau pour son PC 386. Le 25 août, il poste ce message devenu légendaire sur un forum Usenet :

From: torvalds@klaava.Helsinki.FI (Linus Benedict Torvalds)
Newsgroups: comp.os.minix
Date: 25 Aug 91
Hello everybody out there using minix –

I'm doing a (free) operating system (just a hobby, won't be big and professional like gnu) for 386(486) AT clones. […]
« Je fais un système d'exploitation (libre), juste un hobby, ça ne sera pas gros et professionnel comme GNU. »

En 1992, il place Linux sous la licence GPL de GNU. Le noyau de Linus et les outils de GNU s'assemblent comme deux pièces de puzzle : le premier système d'exploitation entièrement libre est né.

Le saviez-vous ?

Linus voulait appeler son noyau « Freax » (free + freak + x). C'est l'administrateur du serveur FTP qui l'a rangé dans un dossier nommé linux… et le nom est resté. La mascotte Tux, un manchot, a été dessinée par Larry Ewing en 1996 : Linus avait raconté avoir été mordu par un manchot dans un zoo.

La suite en accéléré

1969

Naissance d'Unix

Ken Thompson et Dennis Ritchie aux Bell Labs.

1983

Annonce du projet GNU

Richard Stallman veut un Unix entièrement libre.

1991

Linux 0.01

Linus Torvalds publie la première version de son noyau.

1993

Debian et Slackware

Les premières grandes distributions apparaissent.

1994

Red Hat

Linux entre dans les entreprises avec du support commercial.

2004

Ubuntu 4.10

Canonical lance une distribution facile, basée sur Debian.

2005

Git

Linus crée Git pour gérer le code du noyau.

2008

Android

Le premier téléphone Android sort. Son noyau est Linux.

2017

100 % des supercalculateurs

Depuis novembre 2017, les 500 ordinateurs les plus puissants du monde tournent tous sous Linux.

Aujourd'hui

Partout

Serveurs web, cloud, conteneurs, box internet, voitures, téléviseurs, Steam Deck, Raspberry Pi…

Logiciel libre, open source et licences

Linux est un logiciel libre. Pour Stallman, un logiciel est libre s'il garantit quatre libertés :

0️⃣

Utiliser

Exécuter le programme comme tu veux, pour n'importe quel usage.

1️⃣

Étudier

Lire le code source pour comprendre comment il fonctionne.

2️⃣

Partager

Redistribuer des copies à qui tu veux.

3️⃣

Améliorer

Modifier le programme et publier tes versions modifiées.

(Oui, les informaticiens comptent à partir de zéro. Tu t'y habitueras.)

La licence GPL ajoute une règle astucieuse, le copyleft : si tu redistribues une version modifiée, tu dois la publier sous la même licence. Personne ne peut donc « refermer » Linux. C'est pour ça que des entreprises concurrentes (Google, Microsoft, Intel, Red Hat…) contribuent toutes au même noyau.

Libre ≠ gratuit

En anglais, free veut dire à la fois « libre » et « gratuit ». Stallman répète : « free as in free speech, not as in free beer ». On peut vendre du logiciel libre (Red Hat le fait très bien). Le terme open source, apparu en 1998, désigne en pratique les mêmes logiciels, avec un discours plus orienté entreprise.

Les distributions : un noyau, mille visages

Personne n'installe « juste Linux ». On installe une distribution (ou distro), qui assemble :

🐧
Noyau Linuxle cœur
+
🛠️
Outils GNUshell, commandes
+
📦
Gestionnaire de paquetsapt, dnf, pacman…
+
🖼️
BureauGNOME, KDE…
=
💿
DistributionUbuntu, Fedora…

Il existe des centaines de distributions, mais presque toutes descendent de quelques grandes familles. Ce qui les distingue surtout : leur gestionnaire de paquets, leur rythme de mise à jour et leur public.

🌀

Famille Debian

Stable et immense. Paquets .deb, outil apt.

DebianUbuntuLinux MintPop!_OSKali
🎩

Famille Red Hat

Le standard en entreprise. Paquets .rpm, outil dnf.

RHELFedoraRockyAlmaLinuxCentOS Stream
🏔️

Famille Arch

Minimaliste, toujours à jour (rolling release). Outil pacman.

ArchManjaroEndeavourOSSteamOS
🦎

Famille SUSE

Très présente en Europe et en entreprise. Outil zypper.

openSUSESLES
🏔

Les indépendantes

Pour des usages précis : conteneurs ultra-légers, compilation sur mesure…

AlpineGentooNixOSSlackware
Pourquoi Ubuntu est un bon choix pour apprendre

C'est la distribution la plus utilisée sur les postes de travail et dans le cloud. La documentation et les réponses en ligne sont innombrables. Et tout ce que tu apprends sur Ubuntu marche sur Debian, et à 90 % sur les autres familles : ls, grep, systemctl ou ssh sont les mêmes partout. Seul le gestionnaire de paquets change vraiment.

Ubuntu sous la loupe

Ubuntu est éditée par l'entreprise britannique Canonical, fondée par Mark Shuttleworth. Le mot vient d'une philosophie d'Afrique australe que l'on traduit souvent par « je suis parce que nous sommes ».

Lire un numéro de version

Une nouvelle version sort tous les six mois, en avril et en octobre. Le numéro est simplement année.mois :

24.04 LTS  # sortie en avril (04) 2024 (24)
Noble Numbat # nom de code : un adjectif + un animal, même initiale
noble        # le nom court, utilisé dans les fichiers de configuration

LTS ou pas LTS ?

Une version sur quatre, celle d'avril des années paires, est une LTS (Long Term Support) : elle reçoit des correctifs de sécurité pendant des années. Les autres ne sont supportées que 9 mois.

TypeExempleSupport standardPour qui ?
LTS24.04 Noble Numbat5 ans (jusqu'en mai 2029), prolongeable jusqu'à 10 ans et plus avec Ubuntu ProServeurs, entreprises, apprentissage
Intermédiaire24.10, 25.04, 25.109 moisCurieux qui veulent les dernières nouveautés

Ton choix de la 24.04 LTS est donc le bon : c'est une version stable, très documentée, et que tu retrouveras sur de nombreux serveurs en production pendant des années. (La LTS suivante, 26.04, est sortie en avril 2026 : tout ce que tu apprends ici s'y applique.)

Les « saveurs » d'Ubuntu

Ubuntu existe en plusieurs saveurs officielles. Le système est le même, seul l'environnement de bureau change :

SaveurBureauStyle
Ubuntu (ta version)GNOMEModerne, épuré, barre latérale à gauche
KubuntuKDE PlasmaProche de Windows, très personnalisable
Xubuntu / LubuntuXfce / LXQtLégers, pour machines modestes
Ubuntu ServeraucunUniquement le terminal : c'est le standard des serveurs
Bureau ≠ système

Sous Windows, l'interface graphique fait partie du système. Sous Linux, c'est un programme comme un autre : on peut en changer, en installer plusieurs, ou s'en passer complètement. La plupart des serveurs Linux du monde n'ont aucune interface graphique. C'est pour ça que ce carnet insiste autant sur le terminal.

Les différentes façons d'installer Linux

Avant d'entrer dans la virtualisation, voici toutes les options possibles et pourquoi la VM est idéale pour apprendre :

MéthodePrincipeRisque pour WindowsPerformancesIdéal pour
Machine virtuelle ✅Un ordinateur simulé dans une fenêtreAucunBonnesApprendre, tester, casser sans peur
Live USBDémarrer Linux depuis une clé, sans rien installerAucunMoyennesEssayer, dépanner un PC
WSLLinux intégré à Windows (Windows Subsystem for Linux)AucunTrès bonnesDéveloppeurs sous Windows (pas d'interface graphique complète)
Dual bootWindows et Linux sur le même disque, choix au démarrageMoyenMaximalesUsage quotidien des deux systèmes
Installation complèteLinux remplace WindowsWindows effacéMaximalesPasser à Linux pour de bon
CloudLouer un serveur Linux chez AWS, OVH, Hetzner…AucunVariablesHéberger des services, s'entraîner sur un vrai serveur

Comprendre la virtualisation

Une machine virtuelle (VM) est un ordinateur entièrement simulé par logiciel. Ubuntu, dans la VM, croit tourner sur un vrai PC : il voit un processeur, de la RAM, un disque, une carte réseau. En réalité, tout cela est fourni par VirtualBox, qui découpe une partie des ressources de ton vrai PC.

▶ Vidéo · 1 min 25La VM expliquéehôte, invité, hyperviseur, instantanés
Animation réalisée pour ce carnet. Voix off et musique générées par IA (Google Gemini et Lyria).

Le vocabulaire

Hôte (host)
Le vrai ordinateur et son système (Windows, macOS ou Linux).
Invité (guest)
Le système qui tourne dans la VM : Ubuntu 24.04.
Hyperviseur
Le logiciel qui crée et fait tourner les VM : VirtualBox.
Disque virtuel
Un gros fichier sur ton disque Windows (.vdi) que la VM voit comme un disque dur entier.
Image ISO
Un fichier qui contient le « DVD » d'installation d'Ubuntu.

Deux types d'hyperviseurs

Type 1 — « bare metal » serveurs, datacenters, cloud VM Linux VM Windows VM Linux Hyperviseur VMware ESXi, Proxmox (KVM), Hyper-V Matériel du serveur Type 2 — « hébergé » ex. VirtualBox, installé sur ton PC Ubuntu 24.04 système invité Chrome, Word… VirtualBox Windows ou macOS — système hôte Ton PC
Un hyperviseur de type 1 remplace le système. Un hyperviseur de type 2, comme VirtualBox, est une application installée sur ton système.
Comment c'est possible sans que ce soit lent ?

Les processeurs modernes ont des instructions dédiées à la virtualisation : Intel VT-x et AMD-V. Le code d'Ubuntu s'exécute directement sur ton vrai processeur ; VirtualBox n'intervient que pour les opérations sensibles. Ces instructions doivent être activées dans le BIOS/UEFI de ton PC (c'est le cas par défaut sur la plupart des machines récentes).

Bien dimensionner sa VM

Règle d'or : ne jamais donner à la VM plus de la moitié de la RAM ou des cœurs de ton PC, sinon le système hôte étouffe et les deux deviennent lents.

RéglageMinimum Ubuntu 24.04Recommandé pour apprendrePourquoi
Mémoire vive4 Go4 à 8 GoGNOME et Firefox aiment la RAM
Processeurs22 à 4Interface plus fluide, installations plus rapides
Disque25 Go40 à 60 Go, dynamiqueUn disque « dynamique » ne prend sur Windows que la place réellement utilisée
Mémoire vidéo16 Mo128 Mo, contrôleur VMSVGAAffichage fluide, redimensionnement automatique
RéseauNAT (par défaut)Internet fonctionne immédiatement

Les modes réseau de VirtualBox

Pour l'instant, le mode NAT suffit. Mais tu croiseras les autres plus tard (notamment au module SSH), alors voici la carte complète :

ModeVM → InternetPC → VMVM ↔ VMUsage typique
NATouivia redirection de portnonPar défaut, le plus simple
Réseau NATouivia redirection de portouiPlusieurs VM qui se parlent
Accès par pontouiouiouiLa VM devient une vraie machine sur ta box
Réseau privé hôtenonouiouiLabo isolé entre ton PC et tes VM
Réseau internenonnonouiLabo totalement isolé

Disques, partitions et démarrage

Pendant l'installation, Ubuntu va te parler de partitions. Même si tu choisis « Effacer le disque » (sans risque dans une VM : c'est le disque virtuel qui est effacé, pas celui de ton PC), il faut comprendre ce qui se passe.

Firmware : BIOS ou UEFI

Quand tu allumes un PC, le premier programme qui s'exécute est le firmware, inscrit sur la carte mère. Il en existe deux générations :

👴

BIOS (legacy)

Depuis 1981. Lit le tout premier secteur du disque (le MBR) et exécute ce qu'il y trouve. Limité, mais encore très répandu dans les VM.

🆕

UEFI

Le remplaçant moderne. Lit une petite partition dédiée (l'ESP, en FAT32) qui contient les chargeurs de démarrage. Gère le Secure Boot.

Table de partitions : MBR ou GPT

Un disque est découpé en partitions, des zones indépendantes. Le plan de ce découpage, c'est la table de partitions :

MBR (ancien)GPT (moderne)
Taille max du disque2 To9,4 milliards de To
Nombre de partitions4 principales (ou 3 + 1 étendue)128 par défaut
RobustesseUne seule copieCopie de secours en fin de disque
Associé àBIOSUEFI (fonctionne aussi avec BIOS)

Systèmes de fichiers

Une partition vide est inutilisable. On la formate avec un système de fichiers, qui définit comment les fichiers, les dossiers et les droits sont rangés. Sous Windows tu connais NTFS ; sous Linux :

SystèmePoints fortsOù on le trouve
ext4Robuste, éprouvé, rapidePar défaut sur Ubuntu et Debian
xfsExcellent avec les gros fichiersPar défaut sur Red Hat / Rocky
btrfsInstantanés, compressionPar défaut sur Fedora et openSUSE
zfsIntégrité des données, instantanésOption avancée d'Ubuntu, serveurs de stockage
vfat (FAT32)Lisible par tous les systèmesPartition EFI, clés USB

Points de montage : pas de « C: » sous Linux

Sous Windows, chaque partition a sa lettre (C:, D:). Sous Linux, il n'y a qu'une seule arborescence qui commence à la racine /. Chaque partition est « accrochée » (montée) dans un dossier de cette arborescence.

💽 Ce qu'Ubuntu crée dans une VM avec « Effacer le disque » (UEFI, disque de 40 Go, GPT)
/boot/efiFAT32 · ~1 Go
/ext4 · tout le reste — contient /home, /etc, /usr… et le fichier d'échange /swap.img
🗄️ Exemple de découpage d'un serveur (on verra ça au module 11)
/boot/efi1 Go
/boot2 Go
/30 Go
/var20 Go
/home50 Go
swap4 Go
Et le « swap » ?

Le swap est un espace disque utilisé comme mémoire de secours quand la RAM est pleine (c'est l'équivalent du pagefile.sys de Windows). Autrefois c'était une partition dédiée ; Ubuntu utilise désormais simplement un fichier /swap.img.

Ce qui se passe quand tu allumes la VM

⚡
FirmwareUEFI ou BIOS teste le matériel
→
🍞
GRUBle chargeur de démarrage
→
🐧
Noyau+ initramfs, détecte le matériel
→
⚙️
systemdprocessus n°1, lance les services
→
🔐
Connexionécran de connexion GDM

Chacune de ces étapes sera détaillée au module 10. Pour l'instant, retiens que GRUB est le menu qui permet de choisir quel système (ou quel noyau) démarrer, et que systemd est le « premier processus » dont tous les autres descendent.

Installer Ubuntu 24.04 pas à pas

Étape A — Créer la VM dans VirtualBox

  1. Télécharger l'ISO

    Sur ubuntu.com/download/desktop, prendre la version 24.04 LTS (un fichier d'environ 6 Go, nommé par exemple ubuntu-24.04.x-desktop-amd64.iso).

  2. Nouvelle machine

    Dans VirtualBox : Machine › Nouvelle. Donner un nom (ex. ubuntu) et sélectionner l'image ISO. VirtualBox détecte automatiquement « Linux / Ubuntu (64-bit) ».

  3. Installation automatique ou manuelle

    VirtualBox propose une installation automatique (Unattended Installation) : tu saisis nom d'utilisateur, mot de passe et nom de machine, et il fait tout le reste. Si tu coches « Skip Unattended Installation », c'est toi qui suis l'installateur d'Ubuntu (étape B).

  4. Matériel

    Mémoire et processeurs selon le tableau de dimensionnement plus haut. Cocher Enable EFI est facultatif mais plus proche d'un PC moderne.

  5. Disque dur virtuel

    Créer un disque VDI, dynamiquement alloué (ne pas cocher « Pre-allocate Full Size »), de 40 Go ou plus.

  6. Finaliser les réglages

    Avant de démarrer : Configuration › Affichage › 128 Mo de mémoire vidéo, contrôleur VMSVGA.

La VM s'installe toute seule ? C'est l'installation automatique

Si tu vois Ubuntu s'installer sans rien te demander, VirtualBox est en train de faire une installation automatique. C'est pratique, mais elle a un piège connu : le compte créé n'est parfois pas autorisé à utiliser sudo (la commande pour agir en administrateur). Si ça t'arrive, la solution est dans la section Dépannage. Laisse-la finir sans l'interrompre, même si elle semble bloquée quelques minutes.

Étape B — L'installateur d'Ubuntu (installation manuelle)

Si tu installes toi-même (ou pour une prochaine VM), voici les écrans de l'installateur d'Ubuntu 24.04 :

  1. Langue

    Choisir Français.

  2. Accessibilité

    Options de vision, d'audition, de mobilité. On peut passer.

  3. Clavier

    Français › Français (AZERTY) ou la variante qui correspond à ton clavier. Teste dans le champ prévu.

  4. Connexion internet

    En NAT, la VM utilise automatiquement la connexion de ton PC (« Utiliser une connexion filaire »).

  5. Essayer ou installer

    « Essayer Ubuntu » lance le système en mode live, sans rien écrire sur le disque. Choisir Installer Ubuntu.

  6. Type d'installation

    Interactive (on répond aux questions) ou Automatisée (à partir d'un fichier autoinstall.yaml, utile en entreprise). Choisir Interactive.

  7. Applications

    Sélection par défaut (navigateur et utilitaires) ou Sélection étendue (bureautique, jeux…). La sélection par défaut suffit : on apprendra à installer le reste.

  8. Logiciels tiers

    Pilotes propriétaires (graphique, Wi-Fi) et codecs multimédias. Dans une VM, on peut cocher les codecs ; les pilotes ne servent pas.

  9. Disque

    Effacer le disque et installer Ubuntu. Dans une VM, ça n'efface que le disque virtuel vide. Le bouton « Fonctionnalités avancées » propose LVM, le chiffrement et ZFS : on les étudiera plus tard.

  10. Compte

    Ton nom, le nom de l'ordinateur (ex. ubuntu), ton identifiant (en minuscules, sans espace, ex. user) et un mot de passe dont tu te souviens : tu le taperas très souvent avec sudo.

  11. Fuseau horaire

    Choisir ta ville.

  12. Récapitulatif puis installation

    Relire, cliquer sur Installer, patienter. À la fin : Redémarrer maintenant. Si on te demande de retirer le support d'installation, appuie simplement sur Entrée : VirtualBox éjecte l'ISO tout seul.

La « touche hôte »

Quand tu cliques dans la VM, elle capture la souris et le clavier. Pour les rendre à Windows, appuie sur la touche hôte : par défaut Ctrl droit. Elle sert aussi de raccourci : Ctrl droit + F pour le plein écran, Ctrl droit + T pour un instantané.

Après l'installation : les premiers réflexes

Ouvre un terminal : Ctrl + Alt + T. C'est le premier raccourci à retenir. Tu vois une ligne comme celle-ci, qu'on appelle l'invite de commande (prompt) :

user@ubuntu:~$ 
MorceauSignification
userTon nom d'utilisateur
ubuntuLe nom de la machine
~Le dossier où tu te trouves. ~ est un raccourci pour ton dossier personnel, /home/user
$Tu es un utilisateur normal. Si c'était #, tu serais root, l'administrateur tout-puissant

1. Mettre le système à jour

C'est la toute première chose à faire après une installation, et une habitude à garder :

user@ubuntu:~$ sudo apt update
[sudo] Mot de passe de user :        # rien ne s'affiche quand tu tapes, c'est normal !
Atteint :1 http://archive.ubuntu.com/ubuntu noble InRelease
Réception de :2 http://security.ubuntu.com/ubuntu noble-security InRelease [126 kB]
...
42 paquets peuvent être mis à jour.
user@ubuntu:~$ sudo apt upgrade -y
Le mot de passe invisible

Quand sudo demande ton mot de passe, aucun caractère ne s'affiche, pas même des étoiles. Ce n'est pas un bug : tape-le et appuie sur Entrée.

2. Faire connaissance avec sa machine

La commande hostnamectl affiche la carte d'identité de la machine. Voici une sortie réelle, obtenue dans une VM VirtualBox :

user@ubuntu:~$ hostnamectl
 Static hostname: ubuntu
       Icon name: computer-vm
         Chassis: vm 🖴
      Machine ID: 3f6c1e0a9b7d4c2e8a15f0d9c4b2e7a1
         Boot ID: 9d2b7c41e8f04a6b9c3e5d1f7a0b8c26
  Virtualization: oracle
Operating System: Ubuntu 24.04.4 LTS
          Kernel: Linux 7.0.0-38-generic
    Architecture: x86-64
 Hardware Vendor: innotek GmbH
  Hardware Model: VirtualBox
Firmware Version: VirtualBox
   Firmware Date: Fri 2006-12-01
    Firmware Age: 19y 10month 3w
# Les numéros de version et les identifiants seront différents chez toi
LigneCe qu'elle t'apprend
Static hostnameLe nom de la machine sur le réseau, celui qu'on retrouve dans l'invite après le @.
Icon name, ChassisLe type de machine : vm pour une machine virtuelle (ce serait laptop, desktop ou server sur du vrai matériel).
Machine IDUn identifiant unique, créé à l'installation et stocké dans /etc/machine-id. Il ne change jamais.
Boot IDUn identifiant tiré au sort à chaque démarrage. Il sert notamment à retrouver les journaux d'un démarrage précis.
VirtualizationL'hyperviseur détecté : oracle = VirtualBox (édité par Oracle). On verrait kvm, vmware, microsoft (Hyper-V)… Absente sur une vraie machine.
Operating SystemLa distribution et sa version exacte. Le dernier chiffre (.4) est la point release : une image d'installation mise à jour, publiée quelques fois au cours de la vie d'une LTS.
KernelLa version du noyau Linux. 7.0.0 = version du noyau, 38 = révision d'Ubuntu, generic = la variante standard.
ArchitectureLe type de processeur : x86-64 pour les PC Intel/AMD 64 bits, arm64 pour un Raspberry Pi ou un Mac récent.
Hardware Vendor, ModelLe fabricant et le modèle de la « carte mère ». Ici, c'est celle simulée par VirtualBox : innotek est l'entreprise allemande qui a créé VirtualBox avant son rachat.
Firmware Date, AgeLe BIOS virtuel de VirtualBox est daté de 2006 : c'est normal, il n'a jamais besoin d'être mis à jour. D'où cet âge vénérable de près de 20 ans !
Pourquoi un noyau 7.0 sur Ubuntu 24.04 ?

Ubuntu 24.04 est sortie avec le noyau 6.8. Mais les point releases (24.04.2, 24.04.3, 24.04.4…) installent par défaut un noyau plus récent, dit HWE (Hardware Enablement), pour prendre en charge le matériel récent. Ton numéro de noyau dépend donc de l'image d'installation que tu as utilisée et des mises à jour faites depuis.

D'autres commandes pour explorer sa machine :

user@ubuntu:~$ uname -r           # version du noyau seule
user@ubuntu:~$ cat /etc/os-release  # fiche d'identité de la distribution
user@ubuntu:~$ free -h            # mémoire vive et swap
user@ubuntu:~$ lsblk              # disques et partitions
user@ubuntu:~$ df -h /            # place libre sur la racine
user@ubuntu:~$ ip a               # cartes réseau et adresses IP

Regarde en particulier la sortie de lsblk : tu devrais y retrouver le disque sda et les partitions dont on a parlé (/boot/efi et /). La théorie devient concrète !

3. Installer les Additions invité (Guest Additions)

Les Additions invité sont des pilotes VirtualBox qui s'installent dans Ubuntu. Elles apportent : l'écran qui s'adapte à la taille de la fenêtre, le copier-coller entre Windows et la VM, le glisser-déposer et les dossiers partagés.

D'abord, vérifie si elles sont déjà là (l'installation automatique peut les avoir installées) :

user@ubuntu:~$ VBoxClient --version
7.1.x r16xxxx                          # un numéro de version = installées
user@ubuntu:~$ systemctl status vboxadd-service
● vboxadd-service.service - VirtualBox Guest Additions service
     Active: active (running)       # le service tourne

Si VBoxClient répond command not found, les Additions ne sont pas installées. Le test visuel marche aussi : agrandis la fenêtre de la VM. Si le bureau ne s'adapte pas à la nouvelle taille, il faut les installer.

Piège : lsmod | grep vbox ne suffit pas

Le pilote vboxguest est intégré au noyau Linux : Ubuntu le charge dès qu'il détecte VirtualBox, même sans les Additions invité. Voir une ligne vboxguest dans lsmod prouve seulement que le noyau a reconnu VirtualBox, pas que les Additions sont installées.

Pour les installer :

# 1. Les outils nécessaires pour compiler les pilotes
user@ubuntu:~$ sudo apt install -y build-essential dkms bzip2 linux-headers-$(uname -r)

# 2. Dans le menu de la fenêtre VirtualBox :
#    Périphériques › Insérer l'image CD des Additions invité…

# 3. Lancer l'installateur depuis le CD
user@ubuntu:~$ cd /media/$USER/VBox_GAs_*
user@ubuntu:/media/user/VBox_GAs_7.x$ sudo ./VBoxLinuxAdditions.run

# 4. Redémarrer
user@ubuntu:~$ sudo reboot
Pas besoin d'un vrai CD

Le « CD des Additions invité » est un fichier image (VBoxGuestAdditions.iso) fourni avec VirtualBox. Le menu Périphériques se trouve dans la barre de menus de la fenêtre VirtualBox, pas dans Ubuntu. Invisible ? Tu es en plein écran ou en mode échelonné : Ctrl droit + Origine l'affiche. Une fois inséré, un disque VBox_GAs_… apparaît dans la barre latérale d'Ubuntu.

Ensuite, dans le menu de VirtualBox : Périphériques › Presse-papier partagé › Bidirectionnel. Le copier-coller entre l'hôte et Ubuntu fonctionne enfin.

Copier-coller dans le terminal

Dans le terminal, Ctrl + C ne copie pas : il interrompt la commande en cours (on verra pourquoi au module 07). Pour copier, c'est Ctrl + Maj + C ; pour coller, Ctrl + Maj + V.

4. Prendre un instantané : ton bouton « annuler » géant

Un instantané (snapshot) enregistre l'état complet de la VM à un instant donné. Si tu casses tout plus tard (et tu vas casser des choses, c'est comme ça qu'on apprend), tu reviens à cet état en un clic.

Une fois les mises à jour et les Additions installées : Machine › Prendre un instantané (ou Ctrl droit + T), et nomme-le « Installation propre ».

Habitude à prendre

Avant chaque manipulation risquée (modifier la configuration du démarrage, des disques, du réseau…), prends un instantané. C'est l'avantage énorme de la VM sur une vraie machine.

Dépannage : les problèmes fréquents

« user n'est pas dans le fichier sudoers »

C'est le piège de l'installation automatique de VirtualBox : ton compte n'a pas été ajouté au groupe des administrateurs. On passe par le compte root (dont le mot de passe est le même que celui choisi dans VirtualBox) pour corriger :

user@ubuntu:~$ sudo apt update
user is not in the sudoers file.
user@ubuntu:~$ su -                    # devenir root
Mot de passe :
root@ubuntu:~# usermod -aG sudo user    # ajoute user au groupe sudo (mets ton identifiant)
root@ubuntu:~# exit
# Puis se déconnecter / reconnecter (ou redémarrer) pour que ce soit pris en compte
user@ubuntu:~$ sudo whoami
root

Remarque l'invite qui change : # et le nom root en rouge. Quand tu vois ça, sois prudent : root peut tout faire, y compris détruire le système.

L'écran est minuscule et ne s'adapte pas à la fenêtre

Il manque les Additions invité. Vérifie aussi que le contrôleur graphique est VMSVGA et que l'option Écran › Ajuster automatiquement la taille de l'écran est cochée dans le menu de la VM.

La VM est très lente, avec une petite tortue verte en bas de la fenêtre

La tortue signifie que VirtualBox ne peut pas utiliser directement VT-x/AMD-V parce que Hyper-V (l'hyperviseur de Microsoft) est actif sur Windows. Il est activé par WSL 2, Docker Desktop ou la fonction « Intégrité de la mémoire ». Pour le désactiver, dans Fonctionnalités de Windows, décocher Hyper-V, Plateforme de machine virtuelle et Plateforme de l'hyperviseur Windows, puis exécuter dans un invite de commandes administrateur sous Windows :

C:\> bcdedit /set hypervisorlaunchtype off

Puis redémarrer Windows. Attention : WSL 2 et Docker Desktop ne fonctionneront plus tant qu'Hyper-V est désactivé.

Erreur « VT-x is not available » ou « AMD-V is disabled in the BIOS »

La virtualisation matérielle est désactivée dans le firmware de ton PC. Redémarre, entre dans le BIOS/UEFI (souvent F2, Suppr ou F10) et active Intel Virtualization Technology ou SVM Mode (AMD).

Le Terminal ne s'ouvre pas après une installation automatique

Problème connu lié à la langue configurée par l'installation automatique. Dans Paramètres › Système › Région et langue, choisis une langue et un format (par exemple Français), puis déconnecte-toi et reconnecte-toi. En dernier recours, passe en console texte avec Ctrl + Alt + F3, connecte-toi, et lance :

user@ubuntu:~$ sudo update-locale LANG=fr_FR.UTF-8
user@ubuntu:~$ sudo reboot
Le clavier tape en QWERTY (A et Q inversés)

Paramètres › Clavier › Sources de saisie › ajouter Français (AZERTY) et le placer en premier. Le raccourci Super + Espace bascule entre les dispositions (Super = la touche Windows).

Glossaire du module

Noyau (kernel)
Le cœur du système, qui gère le matériel, la mémoire et les processus. Linux est un noyau.
Distribution
Noyau + outils + gestionnaire de paquets + applications, assemblés et maintenus ensemble.
GNU
Projet de système libre lancé en 1983 ; fournit la plupart des commandes de base.
GPL
Licence libre à copyleft du noyau Linux.
LTS
Long Term Support : version maintenue pendant des années.
Shell
Programme qui lit tes commandes et les exécute. Sur Ubuntu : bash.
Hyperviseur
Logiciel qui fait tourner des machines virtuelles.
Hôte / invité
Le système réel / le système qui tourne dans la VM.
ISO
Fichier image d'un disque d'installation.
UEFI / BIOS
Le firmware qui démarre l'ordinateur.
ESP
Partition système EFI, en FAT32, montée sur /boot/efi.
MBR / GPT
Les deux formats de table de partitions.
ext4
Le système de fichiers par défaut d'Ubuntu.
Point de montage
Dossier de l'arborescence où une partition est accrochée.
Swap
Espace disque utilisé comme mémoire de secours.
GRUB
Le chargeur de démarrage qui lance le noyau.
systemd
Le premier processus lancé par le noyau ; il démarre tous les services.
root
Le super-utilisateur, qui a tous les droits.
sudo
Commande pour exécuter une action en tant que root.
apt
Le gestionnaire de paquets d'Ubuntu et Debian.
Instantané
Sauvegarde complète de l'état d'une VM, restaurable à tout moment.

🧠 Quiz : as-tu tout retenu ?

1. Au sens strict, « Linux » désigne…
Linux est le noyau. Ubuntu, Fedora ou Debian sont des distributions qui l'utilisent.
2. Que signifie « 24.04 » dans Ubuntu 24.04 ?
Le numéro est toujours année.mois de sortie.
3. VirtualBox est un hyperviseur de…
VirtualBox tourne sur Windows : c'est un hyperviseur hébergé, de type 2.
4. Ton PC a 8 Go de RAM. Combien en donner à la VM au maximum ?
Jamais plus de la moitié : Windows doit continuer à fonctionner, sinon tout devient lent.
5. Sous Linux, l'équivalent du lecteur C: de Windows est…
Une seule arborescence, des partitions montées dans des dossiers.
6. Que fait sudo apt update ?
update rafraîchit la liste ; c'est upgrade qui installe les nouvelles versions.
7. Dans l'invite root@ubuntu:~#, que signifie le # ?
$ = utilisateur normal, # = root. Prudence !
8. Quel est le premier processus lancé par le noyau au démarrage ?
GRUB s'exécute avant le noyau. Après le noyau, c'est systemd (processus n°1) qui lance tout le reste.
Réponds aux questions pour voir ton score.

🚀 Mission pratique

À faire dans la machine virtuelle

Coche chaque étape une fois faite : sa correction s'affiche juste en dessous.

  • ✅ Correction

    Si la VM redémarre sur l'installateur, retire l'ISO : Périphériques › Lecteurs optiques › Retirer le disque, puis redémarre. L'écran de connexion affiche ton nom d'utilisateur.

  • ✅ Correction

    Ctrl + Alt + T. Dans user@ubuntu:~$ : user = ton identifiant, ubuntu = la machine, ~ = ton dossier personnel (/home/user), $ = utilisateur normal.

  • ✅ Correction
    $ sudo whoami
    [sudo] Mot de passe de user :
    root

    Message « not in the sudoers file » ? Suis la première entrée de la section Dépannage.

  • ✅ Correction
    $ sudo apt update
    $ sudo apt upgrade -y
    $ apt list --upgradable
    En train de lister... Fait

    Quand apt list --upgradable ne liste plus aucun paquet, le système est à jour.

  • ✅ Correction
    $ hostnamectl
    Operating System: Ubuntu 24.04.x LTS
              Kernel: Linux 6.x ou 7.x-generic

    Autre façon : lsb_release -a et uname -r.

  • ✅ Correction
    $ lsblk
    NAME   MAJ:MIN RM  SIZE RO TYPE MOUNTPOINTS
    sda      8:0    0   40G  0 disk
    ├─sda1   8:1    0    1G  0 part /boot/efi
    └─sda2   8:2    0   39G  0 part /
    $ df -h /
    Sys. de fichiers Taille Utilisé Dispo Uti% Monté sur
    /dev/sda2           39G    9,8G   27G  27% /

    Tu retrouves l'ESP (/boot/efi) et la racine (/). Les tailles dépendent de ta VM.

  • ✅ Correction
    $ VBoxClient --version
    7.x.xr16xxxx

    Puis agrandis la fenêtre de la VM : le bureau doit s'adapter seul. Sinon, reprends l'étape 3 de Premiers pas.

  • ✅ Correction

    Menu VirtualBox : Périphériques › Presse-papier partagé › Bidirectionnel (Additions invité requises). Test : copie un texte sur l'hôte avec Ctrl + C, colle-le dans le terminal avec Ctrl + Maj + V.

  • ✅ Correction

    Machine › Prendre un instantané (ou Ctrl droit + T). Il apparaît dans la fenêtre principale de VirtualBox, onglet Instantanés de la VM. Pour revenir en arrière : VM éteinte, sélectionne l'instantané › Restaurer.

  • ✅ Correction

    Paramètres (menu en haut à droite) › Apparence pour le thème sombre et la couleur d'accent, Fond d'écran, et Ubuntu Desktop pour la position et la taille du dock.

💬 Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent sur ce module, avec leurs réponses.

« Command 'ifconfig' not found » : la commande n'existe plus ?

ifconfig est une commande historique, issue du paquet net-tools, qui n'est plus maintenu depuis des années. Ubuntu ne l'installe plus par défaut. Sa remplaçante moderne est la commande ip, toujours présente :

user@ubuntu:~$ ifconfig
Command 'ifconfig' not found, but can be installed with:
sudo apt install net-tools

user@ubuntu:~$ ip a              # toutes les interfaces et leurs adresses (= ifconfig)
user@ubuntu:~$ ip -br a          # la même chose, en version courte et lisible
user@ubuntu:~$ ip route          # la table de routage (= route -n)

Dans une VM en mode NAT, l'interface s'appelle souvent enp0s3 et a une adresse en 10.0.2.15. Tu peux installer net-tools si tu croises ifconfig dans un vieux tutoriel, mais prends l'habitude d'ip : c'est elle qu'on utilise aujourd'hui, et on l'étudiera en détail au module 12 (Réseau).

Le message lui-même est une fonction pratique d'Ubuntu, command-not-found : quand une commande est inconnue, il cherche quel paquet la fournit.

lsmod | grep vbox affiche vboxguest : les Additions invité sont-elles installées ?

Pas forcément. vboxguest fait partie du noyau Linux et se charge automatiquement dans toute VM VirtualBox, avec ou sans les Additions invité. Le chiffre 0 en fin de ligne indique simplement qu'aucun autre module ne l'utilise.

user@ubuntu:~$ lsmod | grep vbox
vboxguest              57344  0      # chargé par le noyau, ne prouve rien
user@ubuntu:~$ VBoxClient --version         # le vrai test
user@ubuntu:~$ ls /opt | grep VBox          # dossier VBoxGuestAdditions-7.x.x si installées

Avec les Additions complètes, on voit en général aussi le module vboxsf (dossiers partagés) et le service vboxadd-service en fonctionnement. La méthode d'installation est dans la section Premiers pas.

« E: Unable to locate package » : apt ne trouve pas le paquet

Dans 9 cas sur 10, c'est une faute de frappe dans le nom du paquet. apt ne devine rien : le nom doit être exact.

user@ubuntu:~$ sudo apt install bzip linux-headears-$(uname -r)
E: Unable to locate package bzip
E: Unable to locate package linux-headears-7.0.0-38-generic
# bzip → bzip2 ; headears → headers
user@ubuntu:~$ sudo apt install bzip2 linux-headers-$(uname -r)    # correct

Les bons réflexes :

  • Tape le début du nom puis Tab : le terminal complète le nom et évite les fautes.
  • Cherche le nom exact : apt search mot-clé, ou vérifie qu'un paquet existe avec apt-cache policy nom-du-paquet.
  • Si le nom est bon mais introuvable, la liste des paquets est peut-être périmée : lance sudo apt update puis réessaie.

Au passage, $(uname -r) est remplacé par la version de ton noyau avant l'exécution : c'est ainsi qu'on installe les en-têtes qui correspondent exactement au noyau en cours. On reverra ce mécanisme (la substitution de commande) au module 05.

Je ne trouve pas « Insérer l'image CD des Additions invité », ou le CD n'apparaît pas

Le CD est virtuel : c'est un fichier ISO livré avec VirtualBox, aucun disque physique n'est nécessaire. Selon le problème :

  • Pas de menu « Périphériques » : la barre de menus est masquée (plein écran ou mode échelonné). Appuie sur Ctrl droit + Origine, ou quitte le plein écran avec Ctrl droit + F.
  • Commande grisée ou erreur : la VM n'a pas de lecteur optique. Éteins-la, puis dans VirtualBox : Configuration › Stockage › sélectionne le contrôleur › Ajouter un lecteur optique (laisse-le vide). Redémarre et réessaie.
  • Le disque n'apparaît pas dans Ubuntu : monte-le à la main.
user@ubuntu:~$ sudo mkdir -p /mnt/cdrom
user@ubuntu:~$ sudo mount /dev/cdrom /mnt/cdrom     # « monter » le CD dans un dossier
user@ubuntu:~$ cd /mnt/cdrom
user@ubuntu:~$ sudo ./VBoxLinuxAdditions.run

Tu viens d'utiliser mount : c'est exactement la notion de point de montage vue plus haut.

Mon noyau n'est pas le même que dans le cours, c'est grave ?

Non. La version du noyau dépend de l'image d'installation (24.04.1, 24.04.4…) et des mises à jour. Toutes les commandes de ce cours fonctionnent de la même façon. Pour connaître la tienne : uname -r. Voir aussi l'encadré « Pourquoi un noyau 7.0 sur Ubuntu 24.04 ? » dans la section Premiers pas.

Crédits images — Tux : Larry Ewing (lewing@isc.tamu.edu) avec The GIMP. Ken Thompson et Dennis Ritchie : domaine public. Richard Stallman : Ruben Rodriguez, CC BY 4.0. Linus Torvalds : Krd (photo), Von Sprat (recadrage), CC BY-SA 4.0.